Fiche d'élevage

Armadillidium corcyraeum

Cloporte de Corfou · Armadillidium corcyraeum « Silver »

Gris clair à argenté, avec des reflets presque métalliques, A. corcyraeum est un Armadillidium sobre et élégant, encore rare en élevage. Robuste à température ambiante et sans exigence particulière, il convient à un premier élevage, à condition de respecter un gradient entre zone humide et zone sèche et de laisser du calcium en permanence.

  • Difficulté Débutant
  • Taille adulte15-18 mm
  • Température20-25 °C
  • HumiditéModérée avec gradient
  • AérationModérée
  • ReproductionMoyenne
  • Se met en bouleOui
  • FamilleArmadillidiidae

Origine : Grèce : espèce décrite en 1901, dont le nom renvoie à Corcyre, l'ancien nom de Corfou ; les animaux d'élevage proviennent de cette île ionienne.

Comportement : Cloporte calme qui passe une partie du temps sous les écorces mais sort régulièrement pour manger et explorer, surtout en soirée. Dérangé, il se roule entièrement en boule.

Installation du terrarium

Bac : une boîte d'élevage de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) pour démarrer ; voir « Taille du bac et évolution de la colonie » pour la suite.

Aération (modérée) : sur 5 L, une grille d'aération à maille fine d'environ 6 cm suffit en général, placée plutôt du côté sec. Maille de 1 mm au plus sur toute ouverture : les jeunes mesurent 1 à 2 mm. Au bout d'une semaine, une partie du substrat doit rester humide, sans moisissure ni odeur de renfermé. Buée permanente sur toutes les parois : ajoutez de l'air. Substrat sec quelques heures après l'arrosage : masquez une partie de la grille au ruban adhésif.

Substrat (5 à 8 cm) : terre forestière sans engrais, beaucoup de bois blanc pourri émietté ou de flake soil, des feuilles de chêne ou de hêtre broyées, et du calcaire concassé : les Armadillidium ont un fort besoin en calcium.

Gradient : environ un tiers du bac humide avec de la sphaigne, le reste plus sec. La zone humide sert à boire et à muer, la zone sèche évite les moisissures.

Décor : une couche épaisse de feuilles en surface, de l'écorce de liège et des morceaux de bois pourri comme cachettes.

Taille du bac et évolution de la colonie

En partant d'une dizaine d'individus (ni femelles gestantes, ni juvéniles : des subadultes ou adultes moyens), une boîte de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) suffit pendant les 6 à 9 premiers mois. Pour cette espèce, aucune source ne précise le délai avant les premières portées ni leur taille : comptez plusieurs mois avant de voir les premiers jeunes.

Passez ensuite à un bac de 15 à 20 L, puis à environ 30 L quand la colonie compte une centaine d'individus ou plus, ou divisez-la en deux. La surface au sol compte plus que la hauteur : à volume égal, choisissez le bac le plus large.

Quand agrandir sans attendre ? Quand le substrat se transforme en poudre de déjections plus vite que vous ne le renouvelez, quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes, ou quand la colonie atteint plusieurs centaines d'individus.

Ces durées supposent une température d'environ 22 à 26 °C et une nourriture variée : au frais, tout est plus lent.

Alimentation

Base permanente : feuilles mortes de feuillus (feuilles de chêne, feuilles de hêtre) et bois blanc pourri. C'est leur nourriture principale : gardez toujours une bonne couche de feuilles, de préférence déjà en début de décomposition.

Compléments végétaux : une fois par semaine, une petite portion de courgette, carotte ou patate douce ; ajoutez une seconde portion dans la semaine si tout a disparu en moins de 24 h. Retirez les restes le lendemain pour éviter les moisissures.

Nourriture protéinée : une fois par semaine, une pincée de paillettes pour poissons, de gammares ou d'insectes séchés. Elle n'est pas indispensable à la survie mais soutient la croissance et les portées. Retirez ce qui n'est pas mangé.

Calcium : indispensable et disponible en permanence. Un morceau d'os de seiche posé en surface, en plus du calcaire concassé du substrat. Les cloportes stockent du calcium avant chaque mue et le réutilisent pour durcir leur nouvelle carapace.

À éviter : feuilles ramassées en ville ou en bord de route (pesticides, pollution), aiguilles de conifères.

Entretien au quotidien

Arrosage : humidifiez uniquement la zone de sphaigne et le substrat dessous, tous les 2 jours, dès que la surface de la zone humide commence à sécher. Fiez-vous au toucher : la zone humide reste fraîche, sans eau stagnante au fond, et la zone sèche ne devient jamais poussiéreuse sur toute sa profondeur. Un substrat détrempé partout nuit aux mues et favorise les acariens.

Contrôle hebdomadaire : retirez la nourriture moisie, regardez les parois (buée permanente = manque d'air), sentez le bac (odeur de renfermé ou d'œuf pourri = trop humide et pas assez aéré), complétez les feuilles et vérifiez qu'il reste de l'os de seiche.

Renouvellement : quand le substrat devient fin et chargé de déjections et que les feuilles disparaissent vite, remplacez-en une partie par du mélange neuf.

Température : la température d'un logement chauffé convient sans chauffage d'appoint. Tenez le bac à l'écart du soleil direct et des radiateurs.

Collemboles : de nombreux éleveurs en ajoutent pour consommer moisissures et restes.

Reproduction

Mode : comme tous les cloportes, la femelle porte ses œufs puis ses petits dans une poche ventrale, le marsupium. Elle libère ensuite des jeunes déjà formés, minuscules (1 à 2 mm) et pâles.

Rythme : régulier quand les conditions sont bonnes, sans être explosif : la colonie grossit à un rythme modéré. Aucun chiffre fiable n'existe sur la taille des portées ou l'âge de maturité de cette espèce encore peu élevée.

Toute l'année : en intérieur, la reproduction peut avoir lieu en toute saison.

Ce qui aide : un gradient stable, des feuilles et du bois pourri en abondance, du calcium en permanence, un peu de nourriture protéinée, et un bac qu'on ne retourne pas sans cesse : les femelles portant des petits n'aiment pas être dérangées.

Densité : une colonie qui grandit produit plus de déchets et consomme plus d'air. Quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes ou que la litière disparaît très vite, agrandissez ou divisez (voir « Taille du bac et évolution de la colonie »).

Erreurs fréquentes
  • Utiliser de la fibre de coco seule comme substrat : elle garde l'eau mais ne nourrit pas les cloportes, et la colonie s'affaiblit.
  • Garder tout le bac détrempé : l'excès d'humidité favorise moisissures et ratés de mue.
  • Laisser le bac sécher entièrement : les cloportes respirent par des organes qui doivent rester humides et meurent de déshydratation.
  • Oublier le calcium : sans os de seiche ni calcaire, les mues se passent mal et les jeunes grandissent mal.
  • Fermer le bac sans aération ou le remplir de feuilles jusqu'au couvercle : l'air stagne, la buée s'installe et le substrat moisit.
  • Percer des trous sans grille fine : les jeunes de 1 à 2 mm s'échappent et les moucherons entrent.
  • Mettre corcyraeum avec un autre Armadillidium dans le même bac : concurrence entre espèces et risque de croisement entre espèces proches.
Signes de problème et solutions
  • Morts après la mue ou animaux bloqués à moitié mués : vérifiez qu'il y a du calcium en permanence et une zone humide stable mais pas détrempée.
  • Buée permanente sur toutes les parois, moisissures ou odeur de renfermé : le bac manque d'air ou est trop mouillé ; agrandissez l'aération et arrosez moins.
  • Odeur d'œuf pourri ou de vase : le fond du substrat fermente sans oxygène ; aérez, laissez sécher et retirez la zone qui pourrit.
  • Substrat sec quelques heures après l'arrosage : l'aération est trop forte ; masquez une partie de la grille.
  • Nombreux petits acariens : souvent liés à un excès de nourriture et à un substrat uniformément mouillé ; retirez les restes et rétablissez une zone sèche.
  • Colonie qui stagne sans cause visible : vérifiez la température, le calcium, la nourriture protéinée et l'aération.
Questions fréquentes

Pourquoi le vend-on sous le nom « Silver » ?

Pour sa teinte gris clair à argentée aux reflets métalliques. L'intensité varie d'un individu à l'autre, et l'élevage est le même quelle que soit la nuance.

Combien d'individus faut-il pour démarrer ?

Une dizaine d'individus de tailles variées dans une boîte de 5 à 6 L : avec ce nombre, les deux sexes sont presque toujours présents.

Peut-il vivre dans un terrarium avec un reptile ou un amphibien ?

Oui, dans un terrarium tempéré qui garde une zone humide et une zone plus sèche. Comme l'espèce est rare et se reproduit modérément, installez d'abord une colonie solide dans son propre bac.

Faut-il un tapis chauffant ?

Non. La température d'un logement chauffé, entre 20 et 25 °C, lui suffit.

Puis-je le relâcher dans mon jardin ?

Non, jamais. C'est une espèce grecque qui n'a rien à faire dans la nature en France ; si vous ne pouvez plus vous en occuper, confiez-les à un autre éleveur.