Fiche d'élevage

Armadillidium germanicum

Cloporte germanicum · German isopod

Gris très foncé, presque noir et brillant, avec une ligne de points jaune vif au milieu du dos, A. germanicum a une silhouette sobre et frappante. Espèce de vallées alpines italiennes, il se plaît dans la fraîcheur relative d'un logement et convient à un premier élevage, si l'on accepte un cloporte assez discret en journée.

  • Difficulté Débutant
  • Taille adulte12-16 mm
  • Température18-26 °C (idéal 20-24 °C)
  • HumiditéModérée avec gradient
  • AérationModérée
  • ReproductionMoyenne
  • Se met en bouleOui
  • FamilleArmadillidiidae

Origine : Nord de l'Italie : les animaux d'élevage viennent de la vallée de l'Adige (Trentin, Haut-Adige) et du Monte Baldo, où l'espèce est assez répandue. Malgré son nom, sa présence en Allemagne n'est pas confirmée.

Comportement : Cloporte calme, surtout actif la nuit et au petit matin, qui passe ses journées plaqué sous les écorces plates. On le voit surtout en soulevant les cachettes ou à la tombée du jour.

Installation du terrarium

Bac : une boîte d'élevage de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) pour démarrer ; voir « Taille du bac et évolution de la colonie » pour la suite.

Aération (modérée) : sur 5 L, une grille d'aération à maille fine d'environ 6 cm suffit en général, placée plutôt du côté sec. Maille de 1 mm au plus sur toute ouverture : les jeunes mesurent 1 à 2 mm. Au bout d'une semaine, une partie du substrat doit rester humide, sans moisissure ni odeur de renfermé. Buée permanente sur toutes les parois : ajoutez de l'air. Substrat sec quelques heures après l'arrosage : masquez une partie de la grille au ruban adhésif.

Substrat (5 à 8 cm) : terre forestière sans engrais, beaucoup de bois blanc pourri émietté ou de flake soil, des feuilles de chêne ou de hêtre broyées, et du calcaire concassé : les Armadillidium ont un fort besoin en calcium.

Gradient : environ un tiers du bac humide avec de la sphaigne, le reste plus sec.

Décor : une couche épaisse de feuilles et surtout plusieurs plaques d'écorce de liège plates posées sur le substrat : cette espèce au corps assez plat aime s'y coller pour se reposer.

Taille du bac et évolution de la colonie

En partant d'une dizaine d'individus (ni femelles gestantes, ni juvéniles : des subadultes ou adultes moyens), une boîte de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) suffit pendant les 6 à 9 premiers mois. Chez cette espèce, la colonie démarre plutôt lentement : comptez plusieurs mois avant de voir les premiers jeunes.

Passez ensuite à un bac de 15 à 20 L, puis à environ 30 L quand la colonie compte une centaine d'individus ou plus, ou divisez-la en deux. La surface au sol compte plus que la hauteur : à volume égal, choisissez le bac le plus large, avec de la place pour plusieurs écorces plates.

Quand agrandir sans attendre ? Quand le substrat se transforme en poudre de déjections plus vite que vous ne le renouvelez, quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes, ou quand la colonie atteint plusieurs centaines d'individus.

Ces durées supposent une température d'environ 22 à 26 °C et une nourriture variée : au frais, tout est plus lent.

Alimentation

Base permanente : feuilles mortes de feuillus (feuilles de chêne, feuilles de hêtre) et bois blanc pourri. C'est leur nourriture principale : il doit toujours en rester une bonne couche, de préférence déjà en début de décomposition.

Compléments végétaux : une fois par semaine, une petite portion de carotte ou de courgette ; ajoutez une seconde portion dans la semaine si tout a disparu en moins de 24 h. Comme l'espèce mange surtout la nuit, déposez-la le soir et retirez les restes au bout de 24 h.

Nourriture protéinée : une fois par semaine, une pincée de paillettes pour poissons ou de gammares séchés. Elle n'est pas indispensable à la survie mais soutient la croissance et les portées. Retirez ce qui n'est pas mangé.

Calcium : indispensable et disponible en permanence. Un morceau d'os de seiche en surface, en plus du calcaire concassé du substrat. Les cloportes stockent du calcium avant chaque mue et le réutilisent pour durcir leur nouvelle carapace.

À éviter : feuilles ramassées en ville ou en bord de route (pesticides, pollution), aiguilles de conifères.

Entretien au quotidien

Arrosage : humidifiez uniquement la zone de sphaigne et le substrat dessous, tous les 2 jours, dès que la surface de la zone humide commence à sécher. Fiez-vous au toucher : la zone humide reste fraîche sans eau stagnante, la zone sèche ne devient jamais poussiéreuse sur toute sa profondeur. Un substrat détrempé partout nuit aux mues et favorise les acariens.

Contrôle hebdomadaire : retirez la nourriture moisie, regardez les parois (buée permanente = manque d'air), sentez le bac (odeur de renfermé ou d'œuf pourri = trop humide et pas assez aéré), complétez les feuilles et vérifiez qu'il reste de l'os de seiche. Soulevez une écorce pour vérifier que les animaux vont bien : ils se montrent peu le jour.

Renouvellement : quand le substrat devient fin et chargé de déjections et que les feuilles disparaissent vite, remplacez-en une partie par du mélange neuf.

Température : espèce de vallées alpines, elle apprécie les pièces plutôt fraîches du logement. Évitez la chaleur prolongée, le soleil direct et les radiateurs ; aucun chauffage n'est nécessaire.

Reproduction

Mode : comme tous les cloportes, la femelle porte ses œufs puis ses petits dans une poche ventrale, le marsupium. Elle libère ensuite des jeunes déjà formés, minuscules (1 à 2 mm) et blanchâtres.

Rythme : modéré. Un éleveur note un démarrage plus lent que chez la plupart des Armadillidium, puis une reproduction soutenue une fois la colonie installée. Aucune source ne donne la taille des portées ni l'âge de maturité.

Toute l'année : en intérieur, la reproduction peut avoir lieu en toute saison.

Ce qui aide : un gradient stable, des écorces plates en nombre, beaucoup de feuilles et de bois pourri, du calcium en permanence, un peu de nourriture protéinée, et un bac qu'on ne retourne pas : les femelles portant des petits n'aiment pas être dérangées.

Densité : quand les animaux s'entassent sous toutes les écorces ou que la litière disparaît très vite, agrandissez ou divisez (voir « Taille du bac et évolution de la colonie »).

Erreurs fréquentes
  • Croire la colonie disparue parce qu'on ne la voit pas le jour : l'espèce est surtout nocturne et reste collée sous les écorces ; soulevez-en une avant de vous inquiéter.
  • Utiliser de la fibre de coco seule comme substrat : elle garde l'eau mais ne nourrit pas les cloportes, et la colonie s'affaiblit.
  • Placer le bac dans une pièce chaude ou près d'un radiateur : cette espèce de vallées alpines préfère une relative fraîcheur.
  • Garder tout le bac détrempé : moisissures, acariens et ratés de mue s'installent.
  • Laisser le bac sécher entièrement : les cloportes respirent par des organes qui doivent rester humides et meurent de déshydratation.
  • Oublier le calcium : sans os de seiche ni calcaire, les mues se passent mal.
  • Mettre germanicum avec un autre Armadillidium dans le même bac : concurrence entre espèces et risque de croisement entre espèces proches.
Signes de problème et solutions
  • Morts après la mue ou animaux bloqués à moitié mués : vérifiez qu'il y a du calcium en permanence et une zone humide stable mais pas détrempée.
  • Buée permanente sur toutes les parois, moisissures ou odeur de renfermé : le bac manque d'air ou est trop mouillé ; agrandissez l'aération et arrosez moins.
  • Odeur d'œuf pourri ou de vase : le fond du substrat fermente sans oxygène ; aérez, laissez sécher et retirez la zone qui pourrit.
  • Substrat sec quelques heures après l'arrosage : l'aération est trop forte ; masquez une partie de la grille.
  • Nombreux petits acariens : souvent liés à un excès de nourriture et à un substrat uniformément mouillé ; retirez les restes et rétablissez une zone sèche.
  • Animaux qui errent en surface en plein jour : signe possible d'un bac trop chaud, trop sec ou mal aéré ; vérifiez ces trois points.
Questions fréquentes

Vient-il d'Allemagne, comme son nom l'indique ?

Les animaux d'élevage viennent du nord de l'Italie, notamment de la vallée de l'Adige. Le nom scientifique ne dit rien de sûr sur l'aire de répartition, et sa présence en Allemagne n'est pas confirmée par les sources consultées.

Combien d'individus faut-il pour démarrer ?

Une dizaine d'individus de tailles variées dans une boîte de 5 à 6 L : avec ce nombre, les deux sexes sont presque toujours présents.

Pourquoi je ne les vois presque jamais ?

Ils sont surtout actifs la nuit et au petit matin et se cachent sous les écorces plates le jour. Observez le bac le soir, ou soulevez doucement une écorce de temps en temps.

Faut-il un tapis chauffant ?

Non. Cette espèce préfère la fraîcheur relative d'un logement ; un chauffage la gênerait plus qu'il ne l'aiderait.

Puis-je le relâcher dans mon jardin ?

Non, jamais. Des animaux d'élevage relâchés peuvent perturber la faune locale ; si vous ne pouvez plus vous en occuper, confiez-les à un autre éleveur.