Fiche d'élevage

Armadillidium gestroi

Cloporte de Gestro · Cloporte à points jaunes · Yellow spotted isopod

Noir ou gris anthracite constellé de rangées de points jaune vif, A. gestroi est l'un des plus grands Armadillidium d'élevage et l'un des plus spectaculaires. Robuste à température ambiante, il convient à un premier élevage si vous acceptez une colonie qui démarre lentement : il récompense la patience plus que l'impatience.

  • Difficulté Débutant
  • Taille adulte15-20 mm (jusqu'à 22 mm)
  • Température18-26 °C (idéal 21-24 °C)
  • HumiditéModérée avec gradient
  • AérationModérée
  • ReproductionMoyenne
  • Se met en bouleOui
  • FamilleArmadillidiidae

Origine : Endémique de Ligurie (nord-ouest de l'Italie), sur une courte portion de côte entre Ceriale et Bergeggi : sous les pierres et la litière des maquis côtiers sur sol calcaire.

Comportement : Grand cloporte calme et massif, un peu discret à l'arrivée puis bien visible en surface, y compris en journée, une fois la colonie installée. Dérangé, il se ferme en une boule très rigide.

Installation du terrarium

Bac : une boîte d'élevage de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) pour démarrer ; voir « Taille du bac et évolution de la colonie » pour la suite.

Aération (modérée) : sur 5 L, une grille d'aération à maille fine d'environ 6 cm suffit en général, placée plutôt du côté sec. Maille de 1 mm au plus sur toute ouverture : les jeunes mesurent 1 à 2 mm. Au bout d'une semaine, une partie du substrat doit rester humide, sans moisissure ni odeur de renfermé. Buée permanente sur toutes les parois : ajoutez de l'air. Substrat sec quelques heures après l'arrosage : masquez une partie de la grille au ruban adhésif.

Substrat (6 à 8 cm) : terre forestière sans engrais, beaucoup de bois blanc pourri émietté ou de flake soil, feuilles de chêne ou de hêtre broyées, et du calcaire concassé : dans la nature, l'espèce vit sur sol calcaire.

Gradient : environ un tiers du bac humide avec de la sphaigne, le reste plus sec. La zone humide sert à boire et à muer, la zone sèche limite moisissures et ratés de mue.

Décor : une couche épaisse de feuilles en surface et de larges plaques d'écorce de liège posées à plat : ce grand cloporte aime se reposer sous des surfaces plates.

Taille du bac et évolution de la colonie

En partant d'une dizaine d'individus (ni femelles gestantes, ni juvéniles : des subadultes ou adultes moyens), une boîte de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) suffit pendant les 6 à 9 premiers mois. Chez cette espèce, la colonie démarre lentement : les premières portées demandent souvent plusieurs mois.

Passez ensuite à un bac de 15 à 20 L, puis à environ 30 L quand la colonie compte une centaine d'individus ou plus, ou divisez-la en deux. La surface au sol compte plus que la hauteur : à volume égal, choisissez le bac le plus large.

Quand agrandir sans attendre ? Quand le substrat se transforme en poudre de déjections plus vite que vous ne le renouvelez, quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes, ou quand la colonie atteint plusieurs centaines d'individus.

Ces durées supposent une température d'environ 22 à 26 °C et une nourriture variée : au frais, tout est plus lent.

Alimentation

Base permanente : feuilles mortes de feuillus (feuilles de chêne, feuilles de hêtre) et bois blanc pourri. Ils constituent l'essentiel du régime et doivent toujours être présents en abondance : un grand cloporte en consomme beaucoup. Les feuilles déjà en début de décomposition sont les plus appréciées.

Compléments végétaux : une fois par semaine, une petite portion de courgette, carotte ou patate douce ; ajoutez une seconde portion dans la semaine si tout a disparu en moins de 24 h. Retirez les restes le lendemain.

Nourriture protéinée : une fois par semaine, une pincée de paillettes pour poissons, de gammares ou de crevettes séchées. L'espèce s'y montre très friande ; ces apports soutiennent la croissance et les portées. Retirez ce qui n'est pas mangé en 24 h.

Calcium : indispensable et disponible en permanence. Un morceau d'os de seiche en surface, en plus du calcaire concassé du substrat. La carapace épaisse de ce grand Armadillidium en demande beaucoup, et une carence se voit vite sur les mues et la croissance.

À éviter : feuilles ramassées en ville ou en bord de route (pesticides, pollution), aiguilles de conifères.

Entretien au quotidien

Arrosage : humidifiez uniquement la zone de sphaigne et le substrat dessous, tous les 2 jours, dès que la surface de la zone humide commence à sécher. Vérifiez au toucher : la zone humide reste fraîche sans eau stagnante, la zone sèche ne devient jamais poussiéreuse sur toute sa profondeur. Un substrat détrempé partout gêne les mues ; un bac entièrement sec tue les cloportes.

Contrôle hebdomadaire : retirez la nourriture moisie, regardez les parois (buée permanente = manque d'air), sentez le bac (odeur de renfermé ou d'œuf pourri = trop humide et pas assez aéré), complétez les feuilles et vérifiez qu'il reste de l'os de seiche.

Renouvellement : quand le substrat devient une poudre fine de déjections et que les feuilles disparaissent vite, remplacez-en une partie par du mélange neuf.

Température : un logement chauffé convient sans chauffage d'appoint. Évitez les longues périodes au-dessus de 28 °C : tenez le bac loin du soleil direct et des radiateurs.

Collemboles : de nombreux éleveurs en ajoutent pour consommer moisissures et restes.

Reproduction

Mode : la femelle porte ses œufs puis ses petits dans une poche ventrale, le marsupium, et libère des jeunes déjà formés, minuscules et très pâles. Ils foncent à chaque mue et leurs points apparaissent progressivement.

Rythme : régulier mais jamais explosif. Plusieurs éleveurs signalent un démarrage lent : il faut souvent quelques mois d'acclimatation avant que les adultes se mettent à produire. C'est normal, pas un signe d'échec.

Croissance : les jeunes mettent de longs mois à atteindre leur taille adulte. Une alimentation riche, du calcium en permanence et un peu de nourriture protéinée jouent beaucoup sur la taille finale.

Ce qui aide : un gradient stable, beaucoup de feuilles et de bois pourri, des plaques d'écorce à plat, et un bac qu'on ne retourne pas : les femelles portant des petits n'aiment pas être dérangées.

Densité : quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes ou que la litière disparaît très vite, agrandissez ou divisez (voir « Taille du bac et évolution de la colonie »).

Erreurs fréquentes
  • Utiliser de la fibre de coco seule comme substrat : elle garde l'eau mais ne nourrit pas, et un aussi grand cloporte s'affaiblit vite sans feuilles ni bois pourri.
  • Oublier le calcium : la carapace épaisse de gestroi en consomme beaucoup ; sans os de seiche ni calcaire, les mues ratent et les jeunes restent petits.
  • S'inquiéter et tout chambouler parce qu'aucun jeune n'apparaît les premiers mois : le démarrage est lent chez cette espèce, et déranger le bac le ralentit encore.
  • Garder tout le bac détrempé : moisissures, ratés de mue et acariens s'installent.
  • Laisser le bac sécher entièrement : les cloportes respirent par des organes qui doivent rester humides et meurent de déshydratation.
  • Fermer le bac sans aération ou le remplir de feuilles jusqu'au couvercle : l'air stagne, la buée s'installe et le substrat sent le renfermé.
  • Mélanger plusieurs morphes de gestroi (Yellow, White, Milky Way...) ou un autre Armadillidium dans le même bac : les morphes se croisent et perdent leurs couleurs, les espèces se concurrencent.
  • Placer le bac près d'un radiateur ou au soleil : l'espèce supporte mal les longues périodes au-dessus de 28 °C.
Signes de problème et solutions
  • Morts après la mue ou animaux bloqués à moitié mués : vérifiez le calcium (os de seiche, calcaire) et la stabilité de la zone humide.
  • Buée permanente sur toutes les parois, moisissures ou odeur de renfermé : le bac manque d'air ou est trop mouillé ; agrandissez l'aération et arrosez moins.
  • Odeur d'œuf pourri ou de vase : le fond du substrat fermente sans oxygène ; aérez, laissez sécher et retirez la zone qui pourrit.
  • Substrat sec quelques heures après l'arrosage : l'aération est trop forte ; masquez une partie de la grille.
  • Nombreux petits acariens : souvent liés à un excès de nourriture et à un substrat mouillé partout ; retirez les restes et rétablissez une zone sèche.
  • Adultes qui restent cachés et colonie qui ne grandit toujours pas après plusieurs mois : vérifiez la température, le calcium, la nourriture protéinée et la quantité de feuilles.
Questions fréquentes

Ses couleurs vives sont-elles dangereuses ?

Non pour vous. Ces points jaunes avertissent les prédateurs : dérangé, ce cloporte libère par des glandes latérales une substance au goût désagréable, et des oiseaux qui en ont mangé s'en sont visiblement débarrassés. Il est sans danger à manipuler ; lavez-vous simplement les mains.

Combien d'individus faut-il pour démarrer ?

Une dizaine d'individus de tailles variées, subadultes ou adultes, dans une boîte d'environ 5 à 6 L : avec ce nombre, les deux sexes sont presque toujours présents.

Je n'ai vu aucun jeune après deux mois, est-ce normal ?

Oui. Gestroi met souvent plusieurs mois à s'installer avant de se reproduire régulièrement. Gardez un gradient stable, des feuilles, du calcium et un peu de nourriture protéinée, et évitez de fouiller le bac.

Faut-il un tapis chauffant ?

Non. La température d'un logement chauffé lui convient ; il craint davantage la chaleur prolongée au-dessus de 28 °C que la fraîcheur.

Puis-je mettre ensemble plusieurs morphes de gestroi ?

Non. Ils appartiennent à la même espèce et se croisent : les jeunes perdraient la couleur que vous avez choisie. Un bac par morphe, et jamais deux espèces d'Armadillidium ensemble.

Puis-je le relâcher dans mon jardin ?

Non, jamais. C'est une espèce à aire naturelle minuscule en Ligurie ; relâcher des animaux d'élevage ailleurs peut perturber la faune locale. Confiez-les plutôt à un autre éleveur.