Fiche d'élevage

Armadillidium hauseni

Cloporte tricératops · Triceratops isopod

Armadillidium hauseni porte sur l'arrière de la tête une crête relevée en forme de collerette, unique chez les cloportes, qui lui vaut son surnom de « tricératops ». Ses éleveurs le décrivent comme robuste à température ambiante, mais c'est une espèce rare, encore peu documentée en élevage et lente à se multiplier : elle convient à un débutant patient qui accepte d'attendre plusieurs mois avant de voir la colonie grandir.

  • Difficulté Débutant
  • Taille adulte12-14 mm
  • Température18-26 °C (idéal 20-24 °C)
  • HumiditéModérée avec gradient
  • AérationModérée
  • ReproductionLente
  • Se met en bouleOui
  • FamilleArmadillidiidae

Origine : Espèce endémique de l'île de Paxos (îles Ioniennes, Grèce), décrite en 1985 d'après des animaux récoltés dans une zone rocheuse à la pointe sud de l'île.

Comportement : Cloporte calme et assez discret, qui passe beaucoup de temps sous les écorces et dans la litière. Dérangé, il se roule en boule ; à cause de ses plaques latérales très inclinées, la boule n'est pas parfaitement ronde.

Installation du terrarium

Bac : une boîte d'élevage de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) pour démarrer ; voir « Taille du bac et évolution de la colonie » pour la suite.

Aération (modérée) : sur 5 L, une grille d'aération d'environ 6 cm, plutôt du côté sec, avec une maille de 1 mm au plus : les jeunes mesurent 1 à 2 mm. Au bout d'une semaine, une partie du substrat doit rester humide, sans moisissure ni odeur de renfermé. Buée permanente sur toutes les parois : ajoutez de l'air. Substrat sec quelques heures après l'arrosage : masquez une partie de la grille au ruban adhésif.

Substrat (5 à 8 cm) : terre forestière sans engrais, beaucoup de flake soil ou de bois blanc pourri émietté, des feuilles de chêne ou de hêtre broyées et du calcaire concassé. Le mélange doit bien drainer.

Gradient : un coin humide avec de la sphaigne, sur environ un tiers du bac, le reste plus sec. La zone humide sert à boire et à muer, la zone sèche évite moisissures et stress.

Décor : une couche épaisse de feuilles en surface, de l'écorce de liège et du bois pourri comme cachettes.

Taille du bac et évolution de la colonie

En partant d'une dizaine d'individus (ni femelles gestantes, ni juvéniles : des subadultes ou adultes moyens), une boîte de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) suffit pendant au moins les 6 premiers mois : cette espèce se reproduit lentement, et une colonie récente met souvent plusieurs mois à s'installer avant les premières naissances. La taille des portées n'est pas connue.

Passez ensuite à un bac de 15 à 20 L, puis, vers 12 à 18 mois, à environ 30 L ou divisez la colonie en deux bacs. La surface au sol compte plus que la hauteur : à volume égal, choisissez le bac le plus large.

Quand agrandir sans attendre ? Quand le substrat se transforme en poudre de déjections plus vite que vous ne le renouvelez, quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes, ou quand la colonie atteint plusieurs centaines d'individus.

Ces durées supposent une température d'environ 22 à 26 °C et une nourriture variée : au frais, tout est plus lent.

Alimentation

Base permanente : feuilles mortes de feuillus (feuilles de chêne, feuilles de hêtre ; certains éleveurs utilisent aussi des feuilles de magnolia) et bois blanc pourri. Ce cloporte broute la litière, le bois et le substrat lui-même : gardez toujours une bonne couche de feuilles et rajoutez-en dès qu'il n'en reste que les nervures.

Compléments végétaux : une fois par semaine, une petite portion de courgette ou de carotte. Retirez les restes le lendemain pour éviter les moisissures.

Nourriture protéinée : il en a besoin bien moins qu'un Porcellio. Une petite pincée de paillettes pour poissons ou de gammares toutes les deux semaines ; retirez ce qui n'est pas mangé le lendemain.

Calcium : indispensable et en libre accès en permanence. Posez un morceau d'os de seiche en surface, en plus du calcaire concassé mélangé au substrat. Les cloportes stockent du calcium avant chaque mue et le réutilisent pour durcir leur nouvelle carapace, et les éleveurs de cette espèce insistent sur ce point.

À éviter : feuilles ramassées en ville ou en bord de route (pesticides, pollution), aiguilles de conifères.

Entretien au quotidien

Arrosage : humidifiez uniquement la zone de sphaigne et le substrat juste dessous, dès que la surface de la zone humide commence à sécher ; avec l'aération modérée conseillée, cela revient en général à un arrosage tous les 2 jours. Laissez le reste du bac sécher entre deux arrosages : une humidité permanente partout stresse cette espèce. La zone sèche ne doit pas pour autant devenir poussiéreuse sur toute sa profondeur.

Contrôle hebdomadaire : retirez la nourriture moisie, regardez les parois (buée permanente = manque d'air), sentez le bac (odeur de renfermé ou d'œuf pourri = trop humide et pas assez aéré), complétez les feuilles et vérifiez qu'il reste de l'os de seiche.

Renouvellement : quand le substrat devient une poudre fine de déjections et que les feuilles disparaissent vite, remplacez-en une partie par du mélange neuf, en vérifiant qu'aucun jeune ne part avec l'ancien.

Température : la température d'un logement chauffé (18 à 26 °C) convient sans chauffage d'appoint. Tenez le bac à l'écart du soleil direct et des radiateurs.

Dérangement : évitez de retourner le substrat : une colonie récente met plusieurs mois à s'installer.

Reproduction

Mode : comme tous les cloportes, la femelle porte ses œufs puis ses petits dans une poche ventrale, le marsupium. Elle libère des jeunes déjà formés, minuscules (1 à 2 mm) et pâles ; rien n'est déposé dans le substrat.

Rythme : la reproduction est lente et régulière plutôt qu'explosive. Une colonie qui vient d'arriver met souvent plusieurs mois à s'installer avant les premières naissances : ne concluez pas trop vite à un échec. Aucune source ne donne la taille des portées ni l'âge de maturité de cette espèce.

Ce qui aide : un gradient bien respecté (les éleveurs notent que les naissances deviennent régulières quand il est stable), du calcium en permanence, des feuilles et du bois pourri en abondance, une température stable et un bac qu'on dérange peu.

Diviser : attendez qu'il y ait des individus de toutes tailles avant de séparer une partie de la colonie ; voir « Taille du bac et évolution de la colonie ».

Erreurs fréquentes
  • Utiliser de la fibre de coco seule comme substrat : elle garde l'eau mais ne nourrit pas les cloportes, et la colonie s'affaiblit.
  • Garder tout le bac humide en permanence : cette espèce supporte mal l'humidité constante ; les mues se passent mal et la colonie décline.
  • Laisser le bac sécher entièrement : les cloportes respirent par des organes qui doivent rester humides et meurent de déshydratation.
  • Oublier le calcium : sans os de seiche ni calcaire, les mues ratent et les jeunes grandissent mal.
  • S'inquiéter et tout retourner au bout de quelques semaines sans naissance : la colonie met plusieurs mois à démarrer, et le dérangement la retarde encore.
  • Percer des trous sans grille fine : les jeunes, longs de 1 à 2 mm, s'échappent et les moucherons entrent.
  • Installer cette espèce avec un autre Armadillidium ou dans un terrarium avec un reptile : les espèces se concurrencent et une colonie rare et lente risque de disparaître.
Signes de problème et solutions
  • Morts après la mue, ou animaux bloqués à moitié mués : vérifiez qu'il y a du calcium en permanence et une zone humide stable, sans que tout le bac soit mouillé.
  • Buée permanente sur toutes les parois, moisissures ou odeur de renfermé : le bac manque d'air ou est trop mouillé ; agrandissez l'aération et arrosez moins.
  • Odeur d'œuf pourri ou de vase : le fond du substrat fermente sans oxygène ; laissez sécher, aérez et retirez la zone qui pourrit.
  • Substrat sec quelques heures après l'arrosage : l'aération est trop forte ; masquez une partie de la grille.
  • Nombreux petits acariens sur le substrat ou les animaux : souvent liés à un excès de nourriture et à un substrat uniformément mouillé ; retirez les restes et rétablissez une zone sèche.
  • Aucun jeune après plusieurs mois et animaux peu actifs : vérifiez la température, le calcium, le gradient d'humidité et l'aération, puis laissez le bac tranquille.
Questions fréquentes

Pourquoi l'appelle-t-on « tricératops » ?

Pour la crête relevée en arrière de la tête, qui forme une sorte de collerette. Aucun autre cloporte connu ne porte une telle structure, et son rôle reste inconnu.

Combien d'individus faut-il pour démarrer ?

Une dizaine d'individus de tailles variées dans une boîte de 5 à 6 L forme un bon départ : avec ce nombre, les deux sexes sont presque toujours présents.

Combien de temps avant les premiers petits ?

Plusieurs mois. Les éleveurs décrivent une espèce lente, dont les nouvelles colonies mettent du temps à s'installer. Gardez des conditions stables, du calcium en permanence, et dérangez le bac le moins possible.

Faut-il un tapis chauffant ?

Non. La température d'un logement chauffé, entre 18 et 26 °C, lui suffit.

Puis-je le relâcher dans mon jardin ?

Non, jamais. C'est une espèce connue d'une seule île grecque : elle n'a rien à faire dans la nature ailleurs, et un relâcher peut perturber les populations locales. Si vous ne pouvez plus vous en occuper, confiez-les à un autre éleveur.