Fiche d'élevage

Armadillidium pallasii

Pallasii orange · Pallasii « Corfou » · Armadillidium pallasii « Orange »

Avec sa robe orange légèrement translucide et sa grande taille, Armadillidium pallasii « Orange » fait partie des Armadillidium les plus voyants. Il vit à température ambiante dans un bac plutôt sec avec un seul coin humide, ce qui le rend accessible à un débutant. Prévoyez seulement un temps d'installation de quelques semaines : c'est à ce moment-là que les pertes sont les plus fréquentes.

  • Difficulté Débutant
  • Taille adulte15-20 mm (jusqu'à environ 21 mm)
  • Température18-26 °C (idéal 20-24 °C)
  • HumiditéFaible avec coin humide
  • AérationModérée
  • ReproductionMoyenne
  • Se met en bouleOui
  • FamilleArmadillidiidae

Origine : Bords de l'Adriatique (côte est de l'Italie, côte et îles dalmates jusqu'à Corfou) et rives de la mer de Marmara et de la mer Noire. Les animaux du commerce proviennent d'une souche étiquetée « Corfou », à l'extrémité sud de l'aire.

Comportement : Grand Armadillidium calme et tolérant en groupe, surtout actif la nuit et au petit matin : en journée, il se tient plutôt sous les écorces. Dérangé, il se roule en une boule parfaitement fermée.

Installation du terrarium

Bac : une boîte d'élevage de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) pour démarrer ; voir « Taille du bac et évolution de la colonie » pour la suite. Ces cloportes vivent surtout en surface.

Aération (modérée) : sur 5 L, une grille d'aération d'environ 6 cm, placée du côté sec, avec une maille de 1 mm au plus (les jeunes mesurent 1 à 2 mm). La surface du substrat ne doit jamais rester mouillée. Au bout d'une semaine, le coin humide doit l'être encore, sans moisissure ni odeur de renfermé. Buée permanente sur toutes les parois : ajoutez de l'air. Coin humide sec quelques heures après l'arrosage : masquez une partie de la grille.

Substrat (5 à 8 cm) : terre forestière sans engrais, beaucoup de bois blanc pourri ou de flake soil, feuilles de chêne ou de hêtre broyées et calcaire concassé.

Gradient : un seul coin humide de sphaigne, sur environ un quart de la surface ; le reste reste sec. Agrandissez-le jusqu'au tiers si des animaux meurent pendant la mue.

Décor : une couche de feuilles sèches en surface, de l'écorce de liège et quelques pierres plates comme cachettes.

Taille du bac et évolution de la colonie

En partant d'une dizaine d'individus (ni femelles gestantes, ni juvéniles : des subadultes ou adultes moyens), une boîte de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) suffit pendant les 6 à 9 premiers mois. Une nouvelle colonie met souvent environ deux mois à s'installer avant que la reproduction ne démarre vraiment ; la taille des portées n'a pas été mesurée chez cette espèce.

Passez ensuite à un bac de 15 à 20 L, puis, vers 12 à 18 mois, à environ 30 L, ou divisez la colonie en deux quand elle dépasse la centaine d'individus. La surface au sol compte plus que la hauteur : à volume égal, choisissez le bac le plus large.

Quand agrandir sans attendre ? Quand le substrat se transforme en poudre de déjections plus vite que vous ne le renouvelez, quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes, ou quand la colonie atteint plusieurs centaines d'individus.

Ces durées supposent une température d'environ 22 à 26 °C et une nourriture variée : au frais, tout est plus lent.

Alimentation

Base permanente : feuilles mortes de feuillus (feuilles de chêne, feuilles de hêtre) et bois blanc pourri. Elles sont à la fois leur nourriture principale et leur abri : une colonie nombreuse vide vite la litière, rajoutez-en dès qu'il n'en reste que les nervures.

Compléments végétaux : une fois par semaine, une petite portion de légume (courgette, carotte, courge) ou un morceau de fruit. Retirez les restes le lendemain pour éviter les moisissures.

Nourriture protéinée : c'est un grand cloporte qui en a besoin plus souvent que les petites espèces. Donnez une pincée de paillettes pour poissons, de gammares ou de crevettes séchées une fois par semaine ; passez à deux fois par semaine si la portion disparaît en moins d'une journée. Retirez ce qui n'est pas mangé.

Calcium : en permanence, à la fois dans le substrat (calcaire concassé) et en surface (morceau d'os de seiche). Les cloportes stockent du calcium avant chaque mue et le réutilisent pour durcir leur nouvelle carapace ; les Armadillidium en consomment particulièrement.

À éviter : feuilles ramassées en ville ou en bord de route (pesticides, pollution), aiguilles de conifères.

Entretien au quotidien

Arrosage : versez de l'eau uniquement sur la sphaigne du coin humide et le substrat dessous, jamais sur tout le bac. Arrosez dès que la surface du coin humide commence à sécher ; avec l'aération conseillée, cela revient en général à tous les 2 jours. Le reste du bac doit rester sec en surface : cette espèce supporte mal l'excès d'humidité.

Contrôle hebdomadaire : retirez la nourriture moisie, regardez les parois (buée permanente = manque d'air), sentez le bac (odeur de renfermé ou d'œuf pourri = trop humide et pas assez aéré), complétez les feuilles et vérifiez qu'il reste de l'os de seiche.

Premières semaines : dérangez le bac le moins possible et comptez les animaux morts sans paniquer : la lignée orange connaît plus de pertes au démarrage que la forme sauvage.

Renouvellement : quand le substrat devient une poudre fine de déjections, remplacez-en une partie par du mélange neuf, en gardant les juvéniles.

Température : la température d'un logement chauffé (18 à 26 °C) convient, sans chauffage d'appoint. Évitez le soleil direct et la proximité d'un radiateur.

Reproduction

Mode : comme tous les cloportes, la femelle porte ses œufs puis ses petits dans une poche ventrale, le marsupium. Elle libère des jeunes déjà formés, minuscules et pâles, presque crème chez la lignée orange.

Démarrage : une nouvelle colonie met souvent environ deux mois à s'installer avant que la reproduction ne démarre vraiment. Une fois installée, elle se reproduit régulièrement et toute l'année dans une pièce tempérée.

Portées et maturité : aucune étude n'a mesuré la taille des portées ni l'âge de maturité chez cette espèce. On sait seulement, comme chez les autres Armadillidium, que les grosses femelles donnent les portées les plus nombreuses.

Ce qui aide : un coin humide stable mais pas détrempé, du calcium en permanence, des protéines chaque semaine, beaucoup de feuilles et de bois pourri, et peu de dérangement.

Densité : une colonie qui grandit produit plus de déchets et consomme plus d'air. Quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes, que le substrat tourne en poudre plus vite que vous ne le renouvelez ou que la colonie dépasse la centaine, passez au bac suivant ou divisez la colonie.

Erreurs fréquentes
  • Garder tout le bac humide comme pour un Cubaris : cette espèce de milieux secs supporte mal l'excès d'eau, et les mues ratent.
  • Supprimer le coin humide : sans lui, les cloportes se déshydratent et ne peuvent plus muer correctement.
  • Fermer le bac sans aération ou le remplir de feuilles jusqu'au couvercle : l'air stagne, la buée s'installe et le substrat moisit.
  • Oublier le calcium : les Armadillidium en consomment beaucoup ; sans lui, les mues se passent mal et les jeunes grandissent mal.
  • Conclure à un échec après quelques morts dans les premières semaines et tout retourner : la lignée orange a besoin de calme pour s'installer.
  • Percer des trous sans grille fine : les jeunes, longs de 1 à 2 mm, s'échappent et les moucherons entrent.
  • Mélanger la forme orange avec des pallasii d'une autre couleur ou un autre Armadillidium dans le même bac : la couleur orange disparaît dans les croisements, et les espèces se concurrencent.
  • Utiliser de la fibre de coco seule comme substrat : elle ne nourrit pas les cloportes et la colonie s'affaiblit.
Signes de problème et solutions
  • Morts après la mue, ou animaux bloqués à moitié mués : vérifiez qu'il y a du calcium en permanence et un coin humide qui l'est vraiment ; agrandissez-le jusqu'au tiers du bac si besoin.
  • Buée permanente sur toutes les parois, moisissures ou odeur de renfermé : le bac manque d'air ou est trop mouillé ; agrandissez l'aération et arrosez moins.
  • Odeur d'œuf pourri ou de vase : le fond du substrat fermente sans oxygène ; aérez, laissez sécher et retirez la zone qui pourrit.
  • Coin humide sec quelques heures après l'arrosage : l'aération est trop forte ; masquez une partie de la grille.
  • Nombreux petits acariens sur le substrat ou les animaux : souvent liés à un excès de nourriture et à un substrat uniformément mouillé ; retirez les restes et laissez sécher le reste du bac.
  • Quelques morts dans les semaines qui suivent l'arrivée : fréquent chez la lignée orange ; vérifiez le gradient et le calcium, puis laissez le bac tranquille.
  • Colonie qui stagne au-delà de quelques mois : vérifiez la température, le calcium, la nourriture protéinée et l'aération.
Questions fréquentes

Combien d'individus faut-il pour démarrer ?

Une dizaine d'individus de tailles variées dans une boîte de 5 à 6 L permet de démarrer, avec les deux sexes presque toujours présents. Pour la forme orange, qui perd plus d'animaux au début, plusieurs éleveurs conseillent plutôt une vingtaine : dans ce cas, partez directement sur un bac de 15 à 20 L.

Pourquoi je ne les vois presque jamais en journée ?

C'est normal : cette espèce est surtout active la nuit et tôt le matin. Soulevez une écorce de temps en temps, ou observez le bac le soir, plutôt que de fouiller le substrat.

D'où vient la couleur orange ?

C'est une lignée sélectionnée en élevage à partir d'animaux originaires de Corfou ; aucun pallasii orange n'a été signalé dans la nature. La forme sauvage est grise à gris-noir.

Faut-il un tapis chauffant ?

Non. La température d'un logement chauffé, entre 18 et 26 °C, lui suffit.

Peut-il vivre dans un terrarium avec un reptile ?

Oui, dans un terrarium tempéré plutôt sec qui garde un coin humide. Évitez les installations tropicales détrempées, où les mues se passent mal. Gardez toujours une colonie de réserve à part.

Puis-je le relâcher dans mon jardin ?

Non, jamais. C'est une espèce étrangère à la plupart des régions de France, et des animaux d'élevage relâchés peuvent perturber la faune locale. Si vous ne pouvez plus vous en occuper, confiez-les à un autre éleveur.