Fiche d'élevage

Armadillidium peraccae

Cloporte rugueux · Armadillidium peraccae · Rough roly poly

Avec sa carapace gris ardoise couverte de petites bosses, Armadillidium peraccae a un aspect rugueux et « préhistorique » qui le distingue des cloportes lisses. Robuste, peu exigeant et bon reproducteur, il convient très bien à un premier élevage, surtout si vous avez tendance à oublier un arrosage : il supporte mieux un bac un peu sec qu'un bac détrempé. Sa seule vraie règle : un bac majoritairement sec, un coin humide et du calcium en permanence.

  • Difficulté Débutant
  • Taille adulte12-18 mm
  • Température18-26 °C (idéal 20-25 °C)
  • HumiditéFaible avec coin humide
  • AérationModérée
  • ReproductionRapide
  • Se met en bouleOui
  • FamilleArmadillidiidae

Origine : Méditerranée orientale et centrale : sud-est de l'Italie (Pouilles surtout), Grèce, côte dalmate en Croatie et région d'Istanbul en Turquie ; vit sous les pierres, les écorces et dans la litière de milieux plutôt secs.

Comportement : Cloporte calme et peu craintif, plus actif la nuit et tôt le matin, mais souvent visible posé sur les écorces ou en train d'explorer lentement la litière ; les animaux aiment se regrouper. Dérangé, il se roule entièrement en boule.

Installation du terrarium

Bac : une boîte d'élevage de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) pour démarrer ; voir « Taille du bac et évolution de la colonie » pour la suite. La surface au sol compte plus que la hauteur.

Aération (modérée) : sur 5 L, une grille d'aération d'environ 6 cm, plutôt du côté sec, maille de 1 mm au plus pour retenir les jeunes. Au bout d'une semaine, le coin humide doit l'être encore, sans moisissure ni odeur de renfermé. Buée permanente sur toutes les parois : ajoutez de l'air. Coin humide sec quelques heures après l'arrosage : masquez une partie de la grille au ruban adhésif.

Substrat (5 à 8 cm) : terre forestière sans engrais, bois blanc pourri émietté ou flake soil, feuilles de chêne broyées et calcaire concassé (fort besoin en calcium).

Gradient : un coin humide de sphaigne sur environ un quart du bac, le reste sec. Mouillé partout, le bac gêne ses mues ; sans coin humide, elle ne peut ni boire ni muer.

Décor : couche de feuilles en surface, écorce de liège et pierres plates comme cachettes sèches.

Taille du bac et évolution de la colonie

En partant d'une dizaine d'individus (ni femelles gestantes, ni juvéniles : des subadultes ou adultes moyens), une boîte de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) suffit pendant les 6 premiers mois environ. Le délai avant les premières portées et le nombre de petits par portée ne sont pas documentés pour cette espèce : les éleveurs la disent prolifique, mais une nouvelle colonie peut mettre quelques semaines à démarrer.

Passez ensuite à un bac d'environ 20 L, puis, vers 12 mois, à environ 30 L ou divisez la colonie en deux bacs. La surface au sol compte plus que la hauteur : à volume égal, choisissez le bac le plus large.

Quand agrandir sans attendre ? Quand le substrat se transforme en poudre de déjections plus vite que vous ne le renouvelez, quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes, ou quand la colonie atteint plusieurs centaines d'individus.

Ces durées supposent une température d'environ 22 à 26 °C et une nourriture variée : au frais, tout est plus lent.

Alimentation

Base permanente : feuilles mortes de feuillus (feuilles de chêne, feuilles de hêtre) et bois blanc pourri. Ce sont ses aliments principaux, et le substrat fait partie du garde-manger : gardez toujours une couche de feuilles en surface et rajoutez-en dès qu'il n'en reste que les nervures.

Compléments végétaux : une fois par semaine, une petite portion de courgette, carotte, courge ou pomme. Retirez les restes le lendemain : dans un bac sec, un morceau humide qui moisit attire acariens et moucherons.

Nourriture protéinée : une fois par semaine, une pincée de paillettes pour poissons, de gammares ou de crevettes séchées. Elle n'est pas indispensable à la survie, mais accélère la croissance et favorise des portées plus nombreuses. Si tout disparaît en moins d'un jour, donnez-en une seconde fois dans la semaine.

Calcium : indispensable et disponible en permanence. Posez un morceau d'os de seiche en surface, en plus du calcaire concassé du substrat : les cloportes stockent du calcium avant chaque mue pour durcir leur nouvelle carapace, et celle de cette espèce est particulièrement épaisse.

À éviter : feuilles ramassées en ville ou en bord de route (pesticides, pollution), aiguilles de conifères.

Entretien au quotidien

Arrosage : vérifiez le coin humide tous les 2 jours et arrosez-le dès que sa surface commence à sécher, en versant l'eau sur la sphaigne et le substrat dessous. Laissez le reste du bac sec : ne vaporisez pas tout le bac. Le coin humide doit rester frais au toucher, sans eau stagnante au fond. Un substrat détrempé partout est le principal risque avec cette espèce : il gêne les mues et favorise moisissures et acariens.

Contrôle hebdomadaire : retirez la nourriture moisie, regardez les parois (buée permanente = manque d'air), sentez le bac (odeur de renfermé = trop humide ou pas assez aéré), complétez les feuilles et vérifiez qu'il reste de l'os de seiche.

Renouvellement : quand le substrat devient une poudre fine de déjections et que les feuilles disparaissent vite, remplacez-en une partie par du mélange neuf.

Température : la température d'un logement chauffé convient sans chauffage d'appoint. Tenez le bac à l'écart du soleil direct et des radiateurs.

Collemboles : de nombreux éleveurs en ajoutent pour consommer moisissures et restes ; ils vivront surtout dans le coin humide.

Reproduction

Mode : comme tous les cloportes, la femelle porte ses œufs puis ses petits dans une poche ventrale, le marsupium. Elle libère ensuite des jeunes déjà formés, minuscules (1 à 2 mm) et pâles, qui se tiennent d'abord près du coin humide.

Rythme : la plupart des éleveurs décrivent une espèce qui se reproduit vite et toute l'année en intérieur. Certains notent qu'une nouvelle colonie met un peu de temps à démarrer : ne vous inquiétez pas si vous ne voyez pas de jeunes durant les premières semaines. Le nombre de jeunes par portée et l'âge de maturité ne sont pas documentés pour cette espèce.

Ce qui aide : un bac stable, un coin humide qui ne sèche jamais complètement, du calcium et de la nourriture protéinée chaque semaine, des feuilles et du bois pourri en abondance, et peu de dérangement : évitez de retourner le substrat.

Densité : une colonie qui grandit produit plus de déchets et consomme plus d'air. Quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes, que le substrat se transforme en poudre de déjections ou que la colonie atteint plusieurs centaines d'individus, agrandissez le bac ou divisez la colonie.

Erreurs fréquentes
  • Garder tout le bac humide comme pour une espèce de sous-bois : cette espèce de milieux secs mue mal, et moisissures et acariens s'installent.
  • Laisser sécher le coin humide : même un cloporte de milieu sec respire par des organes qui doivent rester humides, et les mues ratent sans humidité.
  • Oublier le calcium : sa carapace épaisse en demande beaucoup ; sans os de seiche ni calcaire, les mues se passent mal et les jeunes grandissent mal.
  • Utiliser de la fibre de coco seule comme substrat : elle ne nourrit pas les cloportes, et la colonie s'affaiblit.
  • Fermer le bac sans aération ou le remplir de feuilles jusqu'au couvercle : l'air stagne, la buée s'installe et le substrat moisit.
  • Percer des trous sans grille fine : les jeunes, longs de 1 à 2 mm, s'échappent et les moucherons entrent.
  • Mettre dans le même bac un autre Armadillidium : les espèces se concurrencent et peuvent s'hybrider.
  • Laisser des légumes plusieurs jours dans le bac : ils moisissent et attirent acariens et moucherons.
Signes de problème et solutions
  • Morts après la mue, ou animaux bloqués à moitié mués : vérifiez qu'il y a du calcium en permanence et que le coin humide l'est vraiment, sans que le reste du bac soit mouillé.
  • Buée permanente sur toutes les parois, moisissures ou odeur de renfermé : le bac est trop humide ou manque d'air ; arrosez seulement le coin humide et agrandissez l'aération.
  • Coin humide sec quelques heures après l'arrosage : l'aération est trop forte ; masquez une partie de la grille.
  • Animaux tous entassés dans le coin humide et immobiles : le reste du bac est probablement trop sec ou trop chaud ; vérifiez la température et l'emplacement du bac.
  • Nombreux petits acariens sur le substrat ou les animaux : souvent liés à un excès de nourriture et à un substrat mouillé partout ; retirez les restes et laissez sécher la zone sèche.
  • Moisissure blanche sur la nourriture : retirez les restes plus tôt et réduisez les portions.
  • Colonie qui stagne ou décline sans cause visible : vérifiez la température, le calcium, la nourriture protéinée et l'aération, surtout si la colonie est devenue nombreuse.
Questions fréquentes

Pourquoi sa carapace est-elle si bosselée ?

C'est le trait propre à l'espèce : son dos est couvert de petits tubercules qui lui donnent un aspect mat et rugueux, d'où son surnom anglais de « rough roly poly ». C'est normal et ce n'est pas un signe de maladie.

Combien d'individus faut-il pour démarrer ?

Une dizaine d'individus de tailles variées dans une boîte de 5 à 6 L forme un bon départ : avec ce nombre, les deux sexes sont presque toujours présents.

Peut-il vivre dans le terrarium d'un reptile ?

Oui, c'est l'un des cloportes les mieux adaptés aux terrariums secs ou tempérés, à condition de garder un coin humide permanent. Démarrez d'abord une colonie dans une boîte à part, puis introduisez-en une partie : l'occupant du terrarium en mangera certains.

Faut-il un tapis chauffant ?

Non. La température d'un logement chauffé, entre 18 et 26 °C, lui suffit.

Puis-je le mettre avec un autre cloporte ?

Pas avec un autre Armadillidium : les espèces d'un même genre se concurrencent et peuvent s'hybrider. Gardez un bac par espèce.

Puis-je le relâcher dans mon jardin ?

Non, jamais. Ce n'est pas une espèce de France, et des animaux relâchés peuvent perturber la faune locale. Si vous ne pouvez plus vous en occuper, confiez-les à un autre éleveur.