Fiche d'élevage

Armadillo officinalis

Cloporte qui chante · Cloporte stridulant · Armadille officinal

Armadillo officinalis est le cloporte qui « chante » : roulé en boule, il frotte ses pattes contre sa carapace et produit un petit bruissement audible. Trapu, très robuste et tolérant envers les oublis d'arrosage, il convient à un débutant patient, car sa colonie grandit lentement et ne se reproduit bien que si elle a assez de place.

  • Difficulté Débutant
  • Taille adulte15-20 mm
  • Température18-26 °C (idéal 20-24 °C)
  • HumiditéModérée avec gradient
  • AérationModérée
  • ReproductionLente
  • Se met en bouleOui
  • FamilleArmadillidae

Origine : Largement répandu sur le pourtour méditerranéen (dont le sud de la France, l'Espagne, l'Italie et la Grèce) et sur les côtes ouest de la mer Noire, dans des milieux plutôt secs : sols sableux, argileux ou rocailleux.

Comportement : Grand cloporte paisible, actif surtout la nuit et tôt le matin, qui passe la journée regroupé sous les écorces. Il se roule en une bille parfaitement hermétique qu'il garde longtemps, et peut alors émettre un léger bruit de frottement.

Installation du terrarium

Bac : une boîte d'élevage de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) pour démarrer ; voir « Taille du bac et évolution de la colonie » pour la suite. Cette espèce se reproduit mal à l'étroit.

Aération (modérée) : sur 5 L, une grille d'aération d'environ 6 cm à maille de 1 mm au plus. Espèce de milieux secs, elle redoute l'air humide et stagnant : au bout d'une semaine, une partie du substrat doit rester humide, sans buée permanente, moisissure ni odeur de renfermé. Buée sur toutes les parois : ajoutez de l'air. Substrat sec quelques heures après l'arrosage : masquez une partie de la grille au ruban adhésif.

Substrat (5 à 7 cm) : terre forestière sans engrais, bois blanc pourri émietté ou flake soil, feuilles de chêne broyées et beaucoup de calcaire concassé : sa carapace épaisse est très calcifiée. Le mélange doit rester meuble et drainant.

Gradient : environ un tiers du bac humide (sphaigne), le reste sec en surface.

Décor : plusieurs plaques d'écorce de liège posées à plat, une couche épaisse de feuilles sèches, quelques pierres calcaires.

Taille du bac et évolution de la colonie

En partant d'une dizaine d'individus (ni femelles gestantes, ni juvéniles : des subadultes ou adultes moyens), une boîte de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) suffit pendant les 6 à 9 premiers mois. Les portées sont nombreuses, mais les jeunes mettent 9 à 12 mois à devenir adultes.

Passez ensuite à 15 à 20 L, puis à environ 30 L vers 12 à 18 mois, sans tarder : la reproduction s'arrête quand la place manque. À volume égal, choisissez le bac le plus large.

Quand agrandir sans attendre ? Quand le substrat se transforme en poudre de déjections plus vite que vous ne le renouvelez, quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes, ou quand la colonie atteint plusieurs centaines d'individus.

Ces durées supposent une température d'environ 22 à 26 °C et une nourriture variée : au frais, tout est plus lent.

Alimentation

Base permanente : bois blanc pourri et feuilles mortes (feuilles de chêne, feuilles de hêtre), qui forment l'essentiel de son régime ; gardez-en toujours, en rajoutant des feuilles dès que la couche diminue.

Compléments végétaux : une fois par semaine, une petite portion de carotte, courgette ou patate douce ; ajoutez-en une seconde si tout a disparu en moins de 24 h. Retirez les restes le lendemain : cette espèce n'aime pas l'humidité qu'apportent les légumes qui pourrissent. Elle apprécie aussi les flocons d'avoine et les lichens.

Nourriture protéinée : une fois par semaine, une pincée de gammares, de crevettes séchées ou de paillettes pour poissons. Elle soutient les mues et la croissance. Retirez ce qui n'est pas mangé.

Calcium : indispensable, en grande quantité : os de seiche en permanence en surface et calcaire concassé dans le substrat. Sa carapace très épaisse en demande beaucoup à chaque mue.

À éviter : feuilles ramassées en ville ou en bord de route (pesticides) et aiguilles de conifères.

Entretien au quotidien

Arrosage : humidifiez uniquement la zone de sphaigne et le substrat dessous, dès que sa surface est presque sèche ; avec l'aération modérée conseillée, cela revient en général à un arrosage tous les 2 jours. Ne mouillez jamais le reste du bac : cette espèce pardonne mieux un oubli qu'un excès d'eau, et un bac humide partout provoque des problèmes de mue.

Contrôle hebdomadaire : retirez la nourriture moisie, regardez les parois (buée permanente = trop humide ou manque d'air), sentez le bac, complétez les feuilles et vérifiez l'os de seiche.

Renouvellement : quand le substrat devient fin et chargé de déjections, remplacez-en une partie par du mélange neuf.

Température : la température d'un logement chauffé convient ; il supporte bien les chaleurs estivales si le bac est bien aéré. Évitez le soleil direct.

Tranquillité : il réagit aux vibrations et s'éloigne de leur source ; placez le bac sur un meuble stable, loin d'une machine à laver ou d'une enceinte.

Reproduction

Mode : la femelle porte ses œufs puis ses petits dans une poche ventrale, le marsupium. Elle libère selon sa taille 25 à 150 jeunes déjà formés, longs d'à peine 2 mm, qui restent regroupés au début.

Maturité : lente. Il faut environ 9 à 12 mois pour qu'un jeune devienne adulte, d'où une colonie qui démarre doucement.

Rythme : une femelle se reproduit plusieurs fois dans sa vie ; les éleveurs rapportent jusqu'à environ 300 jeunes par an en plusieurs portées, mais des portées espacées. Les adultes vivent longtemps, ce qui stabilise la colonie.

Place : point clé de cette espèce, plusieurs éleveurs constatent qu'elle ne se reproduit plus quand l'espace manque. Agrandissez le bac avant qu'il soit plein.

Ce qui aide : de la place, beaucoup de calcium, des protéines chaque semaine, des écorces pour se regrouper, et un bac plutôt sec avec une zone humide stable.

Densité : une colonie qui grandit produit plus de déchets et consomme plus d'air ; agrandissez ou divisez quand les cachettes ne suffisent plus.

Erreurs fréquentes
  • Garder tout le bac humide comme pour une espèce tropicale : cette espèce de milieux secs souffre de problèmes de mue et décline.
  • Laisser la colonie à l'étroit trop longtemps : la reproduction s'arrête faute de place.
  • S'impatienter : les jeunes mettent près d'un an à devenir adultes, une colonie lente au départ n'est pas une colonie malade.
  • Donner trop peu de calcium : sa carapace épaisse en demande beaucoup ; sans lui, les mues échouent.
  • Fermer le bac sans aération : air stagnant, buée et moisissures, très mal supportés par cette espèce.
  • Utiliser de la fibre de coco seule comme substrat : elle ne nourrit pas et garde trop d'humidité.
  • Mélanger les morphes (Dalmatian, Red…) ou des localités différentes dans un même bac : les couleurs et l'origine de chaque souche se perdent.
Signes de problème et solutions
  • Morts après la mue ou mues incomplètes : manque de calcium ou bac trop humide ; ajoutez de l'os de seiche et laissez sécher la partie sèche.
  • Buée permanente sur toutes les parois, moisissures ou odeur de renfermé : bac trop humide ou pas assez aéré ; agrandissez l'aération et arrosez moins.
  • Plus de jeunes alors que les adultes vont bien : souvent un manque de place ; passez à un bac plus grand.
  • Animaux qui restent roulés en boule en permanence : dérangement fréquent ou vibrations ; déplacez le bac dans un endroit calme.
  • Substrat sec quelques heures après l'arrosage : aération trop forte ; masquez une partie de la grille.
  • Acariens nombreux sur la nourriture : excès de nourriture et substrat trop mouillé ; retirez les restes et laissez sécher.
Questions fréquentes

Est-ce vrai qu'il fait du bruit ?

Oui. Quand il est roulé en boule, il frotte une rangée d'écailles de ses pattes contre sa carapace et produit un léger bruissement, sans doute pour surprendre un prédateur. Les nouveau-nés n'en sont pas encore capables.

Pourquoi ma colonie ne grandit-elle pas ?

Les jeunes mettent 9 à 12 mois à devenir adultes, et l'espèce cesse de se reproduire à l'étroit. Donnez-lui de la place, du calcium et des protéines, et soyez patient.

Est-ce un Armadillidium ?

Non. Il ressemble à un cloporte pilule, mais il appartient à une autre famille, les Armadillidae. Sa boule est plus parfaite et il la garde plus longtemps.

Peut-il vivre dans un terrarium avec un reptile ?

Oui dans un terrarium méditerranéen ou semi-aride avec un coin humide ; il est peu adapté aux terrariums tropicaux détrempés. Gardez une colonie de réserve à part.

Puis-je relâcher les surplus dans mon jardin ?

Non, jamais, même si l'espèce existe dans le sud de la France : des animaux d'élevage, surtout de couleurs sélectionnées, n'ont rien à faire dans la nature.