Fiche d'élevage

Caribodillo martinicensis

Cubaris sp. « Salmon » (ancien nom commercial) · Cloporte de Martinique

Longtemps vendu sous le nom de Cubaris sp. « Salmon », ce petit cloporte boule de Martinique porte une robe saumon à orange clair, parfois cuivrée, qui fonce avec l'âge. Rare en élevage mais facile, il convient à un débutant qui peut lui offrir une pièce chaude et stable et un bac humide bien aéré.

  • Difficulté Débutant
  • Taille adulte10-16 mm
  • Température22-27 °C
  • HumiditéÉlevée
  • AérationModérée
  • ReproductionMoyenne
  • Se met en bouleOui
  • FamilleArmadillidae

Origine : Endémique de la Martinique (Petites Antilles) ; l'espèce et son genre ont été décrits en 2025 à partir d'animaux du sommet du Morne Manioc, à Sainte-Anne.

Comportement : Cloporte calme, discret au début, actif surtout la nuit ; une fois acclimaté, il se montre lors des repas et sous les écorces. Dérangé, il se roule entièrement en boule.

Installation du terrarium

Bac : une boîte d'élevage de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) pour démarrer ; voir « Taille du bac et évolution de la colonie » pour la suite.

Aération (modérée) : malgré son goût pour l'humidité, cette espèce a besoin d'air pour éviter les moisissures. Sur 5 L, une grille d'aération d'environ 6 cm à maille de 1 mm au plus. Au bout d'une semaine, une bonne partie du substrat doit rester humide, sans moisissure ni odeur de renfermé. Buée permanente sur toutes les parois : ajoutez de l'air. Substrat sec quelques heures après l'arrosage : masquez une partie de la grille au ruban adhésif.

Substrat (environ 8 cm) : comme pour les autres cloportes tropicaux, plus profond et plus riche en bois : terre forestière sans engrais, beaucoup de bois blanc pourri émietté, feuilles de chêne ou de hêtre et calcaire concassé.

Gradient : au moins un tiers du bac bien humide (sphaigne, substrat frais en profondeur), le reste légèrement humide, jamais sec en profondeur.

Décor : couche épaisse de feuilles, écorce de liège, morceaux de bois pourri.

Taille du bac et évolution de la colonie

En partant d'une dizaine d'individus (ni femelles gestantes, ni juvéniles : des subadultes ou adultes moyens), une boîte de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) suffit pendant les 6 à 9 premiers mois : la colonie démarre parfois lentement avant de se reproduire régulièrement.

Passez ensuite à un bac de 15 à 20 L, puis à environ 30 L quand la colonie compte une centaine d'individus ou plus. La surface au sol compte plus que la hauteur : à volume égal, choisissez le bac le plus large.

Quand agrandir sans attendre ? Quand le substrat se transforme en poudre de déjections plus vite que vous ne le renouvelez, quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes, ou quand la colonie atteint plusieurs centaines d'individus.

Ces durées supposent une température d'environ 22 à 26 °C et une nourriture variée : au frais, tout est plus lent.

Alimentation

Base permanente : feuilles mortes (feuilles de chêne, feuilles de hêtre) et bois blanc pourri bien décomposé, toujours disponibles. C'est l'essentiel de son régime : rajoutez des feuilles dès que la couche diminue.

Compléments végétaux : une fois par semaine, une petite portion de courgette, carotte ou patate douce ; ajoutez-en une seconde si tout a disparu en moins de 24 h. Retirez les restes le lendemain pour éviter les moisissures, fréquentes dans un bac humide.

Nourriture protéinée : une fois par semaine, une pincée de paillettes pour poissons ou de crevettes séchées. Elle favorise la reproduction et des couleurs plus vives. Passez à deux fois par semaine si la colonie ne se reproduit pas après plusieurs mois. Retirez ce qui n'est pas mangé.

Calcium : indispensable, en permanence : os de seiche en surface et calcaire concassé dans le substrat. Les cloportes stockent du calcium avant chaque mue pour durcir leur nouvelle carapace.

À éviter : feuilles ramassées en ville ou en bord de route (pesticides) et aiguilles de conifères.

Entretien au quotidien

Arrosage : versez de l'eau sur la sphaigne et le substrat de la zone humide, plutôt que sur les animaux, dès que sa surface commence à sécher ; avec l'aération modérée conseillée, cela revient en général à un arrosage tous les 2 jours. Le substrat doit rester frais en profondeur, mais jamais détrempé : l'eau stagnante fait pourrir le sol et favorise les acariens.

Contrôle hebdomadaire : retirez la nourriture moisie, regardez les parois (buée permanente = manque d'air), sentez le bac (odeur de renfermé = pas assez aéré), complétez les feuilles et vérifiez l'os de seiche.

Renouvellement : quand le substrat devient fin et chargé de déjections, remplacez-en une partie par du mélange neuf, sans jeter les jeunes.

Température : espèce tropicale, elle a besoin de 22 à 27 °C stables. Si la pièce descend sous 22 °C en hiver, un tapis chauffant sous une partie du bac, branché sur un thermostat, aide à garder la chaleur ; laissez toujours une zone non chauffée.

Reproduction

Mode : comme tous les cloportes, la femelle porte ses œufs puis ses petits dans une poche ventrale, le marsupium. Elle libère ensuite des jeunes déjà formés, minuscules et pâles.

Rythme : les éleveurs décrivent une reproduction correcte à bonne, avec une croissance normale à lente ; la colonie peut démarrer lentement avant de devenir régulière. Aucune donnée publiée n'existe sur la taille des portées ni sur l'âge de maturité de cette espèce décrite très récemment.

Ce qui aide : une température stable de 22 à 27 °C, un substrat humide en profondeur, beaucoup de bois pourri et de feuilles, du calcium en permanence et un apport protéiné régulier.

Durée de vie : environ 2 à 3 ans selon les éleveurs.

Densité : une colonie qui grandit produit plus de déchets et consomme plus d'air. Quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes, passez à un bac plus grand ou divisez la colonie.

Erreurs fréquentes
  • Le garder au frais comme un cloporte de jardin : sous 22 °C, la colonie ralentit fortement.
  • Laisser le substrat sécher en profondeur : cette espèce tropicale se déshydrate et rate ses mues.
  • Fermer le bac pour garder l'humidité : sans air, moisissures et odeur de renfermé s'installent vite.
  • Détremper le fond du bac : eau stagnante, pourriture et acariens.
  • Oublier le calcium : mues ratées et jeunes qui grandissent mal.
  • Utiliser de la fibre de coco seule comme substrat : elle garde l'eau mais ne nourrit pas.
  • Le mélanger avec des Cubaris ou d'autres cloportes boule tropicaux : concurrence pour la nourriture et risque de perdre une souche rare.
Signes de problème et solutions
  • Morts après la mue : vérifiez le calcium et que le substrat reste humide en profondeur.
  • Buée permanente sur toutes les parois, moisissures ou odeur de renfermé : manque d'air ; agrandissez l'aération et arrosez moins.
  • Substrat sec quelques heures après l'arrosage : aération trop forte ; masquez une partie de la grille.
  • Animaux peu actifs et aucune naissance après plusieurs mois : souvent trop froid ; ramenez la température vers 22 à 27 °C et ajoutez de la nourriture protéinée.
  • Acariens nombreux sur la nourriture : excès de nourriture et fond détrempé ; retirez les restes et laissez le fond se ressuyer.
  • Odeur d'œuf pourri ou de vase : le fond fermente sans oxygène ; aérez et remplacez la partie qui pourrit.
Questions fréquentes

Est-ce le même animal que le Cubaris sp. « Salmon » ?

Oui. Il était vendu sous ce nom avant d'être décrit scientifiquement en 2025 sous le nom de Caribodillo martinicensis, dans un genre nouveau qui n'est pas Cubaris.

Faut-il un chauffage ?

Seulement si la pièce descend sous 22 °C. Dans ce cas, un tapis chauffant sous une partie du bac, réglé par un thermostat, suffit.

Combien d'individus faut-il pour démarrer ?

Une dizaine d'individus de tailles variées : les deux sexes sont alors presque toujours présents.

Sa couleur change-t-elle ?

Oui, les animaux foncent avec l'âge, du saumon clair vers l'orange plus soutenu, et certains adultes prennent des reflets cuivrés.

Puis-je relâcher les surplus ?

Non, jamais. C'est une espèce endémique d'une seule île ; confiez vos surplus à d'autres éleveurs.