Fiche d'élevage

Cubaris sp. "White Shark"

White Shark · Cloporte requin blanc · Cubaris requin blanc

Avec sa tête claire et son dos sombre bordé de blanc, le White Shark est un Cubaris nain très graphique, qui tient dans une petite boîte. Il demande une humidité élevée, un air qui ne stagne pas et une température stable, puis forme une colonie régulière une fois installé. Une bonne espèce pour qui a déjà réussi un premier élevage de cloportes et veut aborder les Cubaris.

  • Difficulté Intermédiaire
  • Taille adulte8-12 mm
  • Température22-26 °C (idéal 24 °C, le plus stable possible)
  • HumiditéÉlevée
  • AérationModérée
  • ReproductionMoyenne
  • Se met en bouleOui
  • FamilleArmadillidae

Origine : Thaïlande, milieux karstiques (calcaires) ; espèce non décrite scientifiquement, localité précise non publiée

Comportement : Petit Cubaris discret et fouisseur, surtout actif la nuit : il passe le plus clair de son temps dans le substrat ou sous les écorces et se roule en boule au moindre dérangement. On le voit surtout au moment des repas ou après un arrosage.

Installation du terrarium

Bac : une boîte d'élevage de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) pour démarrer ; voir « Taille du bac et évolution de la colonie » pour la suite.

Aération : les avis divergent sur les Cubaris ; partez du réglage standard : une grille d'aération d'environ 6 cm à maille fine (1 mm maximum : les juvéniles de cette petite espèce passent partout) et un peu d'air libre au-dessus du décor. Au bout d'une semaine, une partie du substrat doit rester humide, sans moisissure ni odeur. Buée permanente sur toutes les parois : aérez davantage. Substrat sec quelques heures après l'arrosage : couvrez une partie de la grille avec du ruban adhésif.

Substrat (8 à 10 cm) : il s'enfouit pour muer. Terre forestière sans engrais, beaucoup de bois blanc pourri émietté, feuilles de chêne ou de hêtre broyées, et du calcaire concassé, mélangé et en morceaux.

Gradient : environ deux tiers du bac humides (sphaigne, substrat humide en profondeur), le reste plus sec. L'humidité permet la mue, la zone sèche limite les moisissures.

Décor : couche épaisse de feuilles, écorces de liège posées à plat, pierres calcaires.

Taille du bac et évolution de la colonie

En partant d'une dizaine d'individus (ni femelles gestantes, ni juvéniles : des subadultes ou adultes moyens), une boîte de 5 à 6 L (environ 30 × 20 cm au sol) suffit pendant environ un an : chez les Cubaris, les premières portées demandent souvent plusieurs mois, et la colonie démarre lentement avant de devenir régulière.

Passez à un bac de 10 à 20 L quand la colonie dépasse une cinquantaine d'individus. La surface au sol compte plus que la hauteur : à volume égal, choisissez le bac le plus large.

Quand agrandir sans attendre ? Quand le substrat se transforme en poudre de déjections plus vite que vous ne le renouvelez, quand les animaux s'entassent sous toutes les cachettes, ou quand la colonie atteint plusieurs centaines d'individus.

Ces durées supposent une température d'environ 22 à 26 °C et une nourriture variée : au frais, tout est plus lent.

Alimentation

Base, en permanence : feuilles de chêne ou de hêtre et bois blanc pourri. C'est leur nourriture principale : il doit toujours en rester, surtout dans la zone humide. Les feuilles ramassées dehors se prennent loin des routes et des cultures, puis se désinfectent (une semaine au congélateur, ou un passage au four ou à l'eau bouillante).

Calcium, en permanence : un morceau d'os de seiche et du calcaire concassé. Les éleveurs insistent sur ce point pour le White Shark, qui vient de milieux calcaires : sans calcium, les mues échouent.

Nourriture protéinée, une fois par semaine (espacez à 15 jours si les restes moisissent avant d'être mangés) : une petite pincée de flocons pour poissons, de gammares ou de crevettes séchées. Elle soutient la croissance et la reproduction. Retirez les restes.

Légumes, de temps en temps : un petit morceau de courgette ou de carotte, retiré au bout de 24 heures, car il moisit vite dans un bac humide.

À éviter : les feuilles traitées ou ramassées en ville, les aiguilles de conifères, et les excès de nourriture fraîche qui attirent acariens et moisissures. Pour une si petite espèce, mieux vaut de très petites portions.

Entretien au quotidien

Arrosage : versez l'eau sur la sphaigne et le substrat de la zone humide, pas sur les animaux. Arrosez dès que la surface de la zone humide commence à sécher : avec l'aération modérée conseillée, cela revient en général à environ tous les 2 jours. Le substrat doit rester humide en profondeur mais jamais détrempé : l'eau stagnante fait pourrir le fond et attire les acariens.

Contrôle : à chaque arrosage, retirez les restes et la nourriture moisie, vérifiez qu'il reste de l'os de seiche et rajoutez des feuilles quand la couche diminue. Soulevez une écorce plutôt que de creuser : cette espèce supporte mal d'être dérangée.

Température : 22 à 26 °C, sans à-coups ; les éleveurs citent les variations brusques comme une source de stress. Si la pièce se refroidit en hiver, un tapis chauffant sous une partie du bac, branché sur un thermostat, aide à rester stable.

Renouvellement : quand une bonne partie du substrat est devenue de fines déjections, remplacez-en une partie par du mélange neuf en conservant les juvéniles.

Reproduction

Marsupium : comme tous les cloportes, la femelle porte ses œufs puis ses petits dans une poche ventrale, le marsupium, et libère des juvéniles déjà formés, minuscules et pâles. Rien n'est pondu dans le substrat.

Rythme : les avis vont de « lente » à « prolifique ». Ce qui revient le plus souvent : la colonie démarre lentement après l'arrivée, puis se reproduit régulièrement une fois installée. Ne concluez pas à un échec après quelques semaines sans petits.

Croissance : les juvéniles grandissent lentement et restent cachés dans la zone humide ; il faut plusieurs mois avant qu'ils atteignent la taille adulte.

Ce qui aide : une température stable autour de 24 °C, une large zone humide, du calcium et de la nourriture protéinée disponibles, un substrat profond riche en bois blanc pourri, et le moins de dérangement possible. Démarrez avec une dizaine d'individus de tailles variées pour avoir les deux sexes.

Division : attendez que la colonie compte des animaux de toutes tailles avant d'en prélever une partie.

Erreurs fréquentes
  • Laisser le bac se dessécher : les individus en mue meurent de déshydratation.
  • Oublier le calcium : chez cette espèce de milieu calcaire, mues ratées et carapaces molles apparaissent vite.
  • Fermer complètement le bac ou détremper le substrat : air stagnant, moisissures, acariens et pertes.
  • Utiliser une grille à maille trop large : les juvéniles, minuscules, s'échappent.
  • Placer le bac près d'une fenêtre, d'un radiateur ou dans une pièce qui se refroidit la nuit : les variations brusques stressent la colonie.
  • Fouiller le substrat tous les jours pour les voir : les dérangements répétés freinent la reproduction.
  • Conclure à l'échec après quelques semaines sans petits et tout changer : le démarrage est lent, chaque changement brutal le retarde.
  • Ajouter un autre Cubaris ou une autre forme dans le même bac : risque d'hybridation et de concurrence ; une espèce et une forme par bac, toujours.
Signes de problème et solutions
  • Morts après la mue ou individus à moitié mués : humidité trop basse ou manque de calcium. Agrandissez la zone humide et ajoutez de l'os de seiche et du calcaire.
  • Buée permanente sur toutes les parois, odeur de moisi ou de renfermé : trop d'eau ou pas assez d'air. Ouvrez davantage la grille et arrosez moins.
  • Substrat sec quelques heures après l'arrosage : aération trop forte. Couvrez une partie de la grille.
  • Moisissure sur la nourriture : retirez-la et donnez de plus petites portions.
  • Petits points blancs ou beiges mobiles en grand nombre : acariens, liés à un substrat trop mouillé ou à un excès de nourriture. Retirez les restes et laissez la surface sécher un peu.
  • Odeur d'œuf pourri ou de vase : le fond du substrat fermente faute d'air. Retirez la zone pourrie, arrosez moins et aérez davantage.
Questions fréquentes

Pourquoi « requin blanc » ?

Pour son contraste : un dos gris sombre encadré d'une bordure et d'une tête très claires, qui rappelle la silhouette du requin. C'est un nom commercial : l'espèce n'a pas encore été décrite scientifiquement.

Il est vraiment si petit ?

Oui. Les adultes mesurent environ 8 à 12 mm, nettement moins que la plupart des Cubaris. Les juvéniles sont minuscules : vérifiez que toutes les ouvertures du bac ont une maille fine.

Je ne les vois presque jamais, est-ce normal ?

Oui. Ils vivent enfouis ou sous les écorces et sortent surtout la nuit. Si la nourriture disparaît et que vous en trouvez en soulevant une écorce de la zone humide, tout va bien.

Est-ce une bonne première espèce ?

Plutôt une deuxième espèce. Il pardonne moins les écarts d'humidité et de température qu'un Porcellio ou un Armadillidium. Si vous avez déjà réussi un élevage de cloportes, vous pouvez vous lancer en suivant cette fiche.

Peut-on le mettre dans un terrarium avec des grenouilles ou des reptiles ?

Nous ne le conseillons pas : sa petite taille en fait une proie facile et ses besoins de stabilité se suivent mieux dans un bac dédié. Ne le relâchez jamais dehors : c'est une espèce tropicale.