Un terrarium à cloportes réussi tient en peu de choses : une boîte de la bonne taille, de l'air sans courant d'air, un sol qui nourrit, un côté humide et un côté sec. Ce guide vous accompagne de la boîte vide jusqu'au premier contrôle, une semaine après l'arrivée des animaux. À la fin, vous saurez monter le bac, l'arroser et vérifier qu'il fonctionne.
1. Choisir la boîte
Une boîte en plastique transparent qui ferme bien est le contenant le plus simple : elle garde l'humidité, se perce facilement et s'empile. Les cloportes grimpent bien et les nouveau-nés ne mesurent que 1 à 2 mm : le couvercle doit fermer sans jour. Un terrarium en verre convient aussi (voir nos vivariums), à condition d'éviter les portes coulissantes, par où les jeunes s'échappent, et de couvrir environ la moitié de la grille du dessus si le substrat sèche trop vite.
La taille dépend de l'espèce. Comptez pour une dizaine d'individus de départ (des subadultes ou adultes moyens, ni femelles gestantes ni juvéniles) :
| Type d'espèce | Exemples | Boîte de départ |
|---|---|---|
| Taille moyenne, la majorité des espèces | Porcellio scaber, Armadillidium maculatum, Porcellio laevis | 5 à 6 L, environ 30 × 20 cm au sol |
| Cubaris | Cubaris sp. « Rubber Ducky » | 5 à 6 L, mais assez haute pour 10 cm de substrat |
| Grands Porcellio | Porcellio expansus, Porcellio ornatus | 15 à 25 L, au moins 32 × 25 cm au sol |
| Espèces naines | Trichorhina tomentosa | 1 à 3 L |
Les grands Porcellio ne démarrent jamais dans une petite boîte de 5 L : les mâles défendent leur territoire et la place manque très vite. Pour toutes les espèces, la surface au sol compte plus que la hauteur : à volume égal, prenez la boîte la plus large. Gardez seulement assez de hauteur pour le substrat, la litière et environ 5 cm d'air libre au-dessus.
Notre boîte d'élevage ventilée existe de 1,15 L à 15 L, déjà équipée d'aérations grillagées. Si vous préférez tout recevoir d'un coup, le kit d'élevage avec colonie réunit la boîte, le substrat, le décor et une souche d'animaux.
2. Régler l'aération
Sans air, le bac moisit et sent le renfermé. Avec trop d'air, il sèche et les cloportes se déshydratent : ils respirent par des organes situés sous l'abdomen qui doivent rester humides. Chaque fiche espèce indique l'un des trois niveaux utilisés dans la boutique :
- Réduite (espèces de milieux très humides, comme Trichorhina) : des ouvertures sur une moitié du bac seulement, ou une grille de couvercle couverte en grande partie, pour qu'une large zone reste humide.
- Modérée (le standard : Porcellio scaber et laevis, Armadillidium, Porcellionides) : sur une boîte de 5 L, une grille d'aération d'environ 6 cm de diamètre, placée de préférence au-dessus de la zone sèche. Les Porcellio supportent un peu plus d'air que les Armadillidium.
- Forte (Porcellio de milieux secs : ornatus, expansus, bolivari, haasi, nicklesi) : des grilles sur deux côtés opposés pour que l'air traverse le bac, et au moins 5 cm d'air libre entre le décor et le couvercle.
Dans tous les cas, chaque ouverture est couverte d'une maille de 1 mm au maximum : au-delà, les nouveau-nés s'échappent et les moucherons entrent. Il n'existe pas de formule en cm² par litre : on règle à l'œil, en commençant plutôt large, puis en masquant une partie de la grille au ruban adhésif si le substrat sèche trop vite. Le contrôle d'une semaine, décrit plus bas, vous dit si le réglage est bon.
3. Préparer le substrat
Chez les cloportes, le sol est aussi le garde-manger : ils mangent la litière et le bois en décomposition. La recette :
- Terre forestière ou terreau bio sans engrais ni pesticide : environ quatre volumes.
- Bois blanc pourri émietté (ou flake soil) : environ un volume. Le bon bois est clair, fibreux, et s'écrase entre les doigts.
- Feuilles mortes broyées : deux bonnes poignées mélangées dans la masse.
- Calcaire concassé : une poignée répartie dans le mélange.
Pour une boîte de 30 × 20 cm, comptez environ 4 L de mélange. Un substrat prêt à l'emploi pour isopodes évite de tout doser vous-même ; enrichissez-le avec un peu de bois blanc pourri. La fibre de coco garde l'eau mais ne nourrit pas les cloportes : si vous en avez, elle ne doit rester qu'un complément minoritaire du mélange. Pour les Porcellio de milieux secs, ajoutez un peu de sable grossier pour le drainage, jamais au point d'en faire le sol principal.
Humidifiez avant de remplir : ajoutez de l'eau peu à peu en malaxant. Le mélange est prêt quand une poignée serrée garde sa forme sans laisser couler d'eau.
Épaisseur : environ 7 cm pour les espèces courantes, 10 cm pour les Cubaris, qui s'enfouissent pour muer. Tassez à peine. Le rôle de chaque composant et les recettes par type d'espèce sont détaillés dans notre guide du substrat pour isopodes.
4. Créer le gradient d'humidité
Les cloportes ont besoin de choisir : la zone humide leur sert à boire, à muer et à abriter les jeunes ; la zone sèche limite les moisissures et les problèmes de mue.
- Zone humide : sur environ un tiers du sol, d'un côté, posez une couche de sphaigne réhydratée et essorée.
- Zone sèche : le reste. La surface peut sécher, mais le substrat doit rester frais en profondeur, jamais poussiéreux sur toute sa hauteur.
La part humide varie selon l'espèce : environ un quart du bac pour les Porcellio de milieux secs, davantage pour les Cubaris et Trichorhina. Elle est précisée sur chaque fiche ; le guide humidité et aération explique comment lire et régler votre bac au fil des saisons.
Comment arroser
- Où : uniquement sur la sphaigne et le substrat juste dessous, jamais sur tout le bac.
- Avec quoi : de l'eau du robinet reposée 24 heures, versée lentement.
- Combien : jusqu'à ce que la sphaigne soit gorgée, et pas plus. Regardez le fond à travers la paroi : il ne doit jamais y avoir d'eau stagnante, qui noie les jeunes et fait pourrir le sol.
- Quand : touchez la sphaigne tous les 2 jours et arrosez dès que sa surface commence à sécher. Avec une aération modérée, cela revient le plus souvent à un arrosage tous les 2 jours.
- Côté sec : une fois par semaine, enfoncez un doigt. S'il est sec et poussiéreux jusqu'au fond, versez un peu d'eau le long de la paroi de ce côté, pour humidifier le bas sans mouiller la surface.
5. Litière, bois et cachettes
- Litière : couvrez toute la surface d'environ 3 cm de feuilles mortes entières de chêne ou de hêtre. Les feuilles de chêne en décomposition sont les plus appréciées. Elles nourrissent, abritent et ralentissent l'évaporation. Rajoutez-en quand il ne reste que des nervures. Si vous ramassez les vôtres, prenez-les loin des routes et des cultures, sans aiguilles de conifères, et passez-les une semaine au congélateur.
- Bois : posez deux ou trois morceaux de bois blanc pourri en surface, dont un sur la zone humide.
- Écorce de liège : un morceau couvrant environ un cinquième de la surface, à cheval entre les deux zones. Le liège moisit peu et garde de l'humidité dessous : c'est là que la colonie passera la journée. D'autres cachettes naturelles (gousses, racines) se trouvent dans nos bois et écorces.
Laissez environ 5 cm d'air libre entre le haut de la litière et le couvercle : un bac rempli jusqu'en haut ne s'aère plus, quel que soit le nombre de grilles.
6. Le calcium
Les cloportes stockent du calcium avant chaque mue et le réutilisent pour durcir leur nouvelle carapace : sans réserve, les mues ratent. En plus du calcaire mélangé au substrat, posez un morceau d'os de seiche sur la zone sèche, où il ne moisira pas, et quelques éclats de craie naturelle. Remplacez l'os de seiche quand il est presque entièrement rongé. Les Armadillidium et les Cubaris en consomment particulièrement.
7. Les collemboles, équipe de nettoyage
Les collemboles sont de minuscules animaux du sol qui consomment moisissures et restes de nourriture. Beaucoup d'éleveurs en ajoutent dès l'installation : ils limitent les moisissures sans gêner les cloportes. Versez quelques cuillerées d'une culture de collemboles dans la zone humide. Plusieurs espèces sont proposées dans nos collemboles de nettoyage.
8. Où placer le bac
- Température : la plupart des espèces vivent bien dans un logement chauffé. Les espèces de la classe « Ambiante (dès 18 °C) » s'en contentent sans chauffage ; les classes « Tropicale (22-26 °C) » et « Tropicale stable » demandent une pièce chaude et sans écarts. La température de chaque espèce est indiquée sur sa fiche.
- Jamais au soleil direct : derrière une vitre, une boîte fermée chauffe comme une serre et peut devenir mortelle en peu de temps. Évitez aussi le rebord de fenêtre, le dessus d'un radiateur et les pièces qui se refroidissent la nuit.
- Si la pièce est trop fraîche : un tapis chauffant sous une partie seulement du bac, branché sur un thermostat, laisse aux animaux un côté plus frais.
9. Installer les animaux
Si vous en avez le temps, faites tourner le bac une semaine à vide : arrosez, observez, réglez l'aération. Vous accueillerez ensuite vos cloportes dans un bac qui a déjà fait ses preuves.
- Posez le contenu de la boîte de transport (animaux et leur substrat) sur la zone humide, près de l'écorce.
- Refermez et laissez le bac au calme, dans la pénombre. Ne fouillez pas pour vérifier : les cloportes se cachent pendant plusieurs jours, c'est normal.
- Les feuilles et le bois suffisent comme nourriture les premiers jours. Ensuite, donnez une fois par semaine une pincée de nourriture protéinée, par exemple des larves de mouche soldat séchées, sur la zone sèche, et retirez les restes au bout d'un jour.
Une seule espèce, et une seule forme de couleur, par bac : c'est la règle de base. Pour choisir votre première espèce, lisez notre guide choisir sa première espèce d'isopodes.
10. La première semaine : quoi vérifier
- Tous les 2 jours : la sphaigne est encore humide au toucher ; il n'y a pas d'eau au fond ; les restes de nourriture fraîche sont retirés.
- Au bout de 7 jours, le contrôle de l'aération : le réglage est bon si une partie du substrat est encore humide, sans moisissure ni odeur de renfermé.
- Buée permanente sur toutes les parois, odeur de moisi : ajoutez une ouverture grillagée.
- Sphaigne sèche quelques heures après l'arrosage : masquez une partie de la grille au ruban adhésif.
- Un peu de buée le matin qui disparaît dans la journée n'est pas un problème.
- Les animaux : soulevez l'écorce une seule fois, en fin de semaine. Des cloportes regroupés dessous, côté humide, sont un bon signe.
Si quelque chose vous inquiète (morts après une mue, acariens, moisissures), notre guide des problèmes courants vous aide à trouver la cause.
Ce qu'il ne faut pas faire
- Mélanger des espèces ou des formes de couleur dans un même bac, y compris avec des cloportes du jardin : hybridation, couleurs perdues, concurrence.
- Fermer le bac sans aération : buée, moisissures, air confiné, puis déclin de la colonie.
- Remplir le bac de fibre de coco seule : la colonie n'a plus rien à manger dans son sol et s'affaiblit.
- Mettre du gravier ou du sable seuls : rien à manger, aucune humidité retenue.
- Placer le bac au soleil direct ou sur un radiateur : surchauffe et dessèchement.
- Arroser tout le bac : sol détrempé, mues ratées, acariens et jeunes noyés.
- Relâcher des animaux d'élevage dehors, quelle que soit la raison.
En résumé
- Une boîte de 5 à 6 L (30 × 20 cm au sol) pour la plupart des espèces, 15 à 25 L pour les grands Porcellio.
- Une aération à maille de 1 mm au maximum, réglée par le contrôle d'une semaine.
- Environ 7 cm de terre forestière et de bois blanc pourri, 3 cm de feuilles, du calcium en permanence.
- Un tiers du sol humide avec de la sphaigne, arrosé dès qu'il commence à sécher ; le reste sec.
- Une espèce par bac, à l'abri du soleil direct, et les paramètres précis sur la fiche de l'espèce.







